Le Traversier, Revue Littéraire

« Les passions sont les vents qui enflent les voiles du navire ; elles le submergent quelquefois, mais sans elles il ne pourrait voguer. »

Voltaire

LE TRAVERSIER

Le Traversier : Ferry à forme symétrique destiné à relier les rives d’un fleuve ou d’un bras de mer.

Et pourquoi pas, s’agissant du titre d’une revue littéraire, Le traversier destiné à transporter des textes des ténèbres à la clarté, de l’obscurité au visible, de l’anonymat à la notoriété.

Revue de création littéraire à parution trimestrielle qui se donne pour objectif de promouvoir des textes courts, Le Traversier souhaite la bienvenue à toutes les plumes bien trempées !

Les points forts du N°37


Publié dans la revue, voici le premier prix du Concours à haute voix 2020 : "Quelqu’un" de Patrick Uguen

Editorial du N°37 de Christophe Pascal

Je suis sûr que vous l’avez déjà entendue... Si, si ! Faites un petit effort de mémoire : cela devait être, au moins pour la première fois, en école primaire dans la cour de récréation. Vous en souvenez-vous maintenant ? Oui, c’est ça... le caïd menaçant un plus petit que lui, qui à son tour lui jette à la face avec un aplomb insolent : « Même pas peur ! »

Cette expression enfantine, qui s’est glissée dans le langage adulte, fait sourire de prime abord et réfléchir tout de suite après, tellement son contenu est humainement riche. « Même pas peur », la réponse manifeste à une personne ou à une situation qui prétend (et qui souvent réussit à) nous intimider... L’expression est d’ailleurs devenue la réponse spontanée à tous ceux qui s’attaquent aux libertés individuelles de manière abjecte ; que l’on se souvienne du nombre de fois où, de manière sciemment puérile, elle a été employée à la suite des attentats terroristes de 2015.

« Même pas peur », bravade ou courage ? Dans le premier cas, on imaginerait bien ces mots sortir de la bouche d’un matamore comme Tartarin de Tarascon, dans le deuxième de celle du fier et impétueux Cyrano de Bergerac. Qu’elle marque une tentative, plus ou moins maladroite, de reprendre prise dans un contexte stressant ou la plus insensée des témérités, la formule exprime dans tous les cas de figure un refus catégorique de céder à l’arbitraire. Elle représente aussi un défi lancé non seulement au destin mais aussi et avant tout à soi-même. En somme, ce sont trois petits mots sortis tout droit de l’enfance, dont le succès réside dans leur capacité à rendre compte d’une multitude de situations humaines, réelles comme imaginaires.

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