Le Traversier, Revue Littéraire
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Accueil > Sélection de textes parus > Textes primés du concours "à haute voix"

Premier prix : Estelle Vendrame pour "Biographie d’un stylo"

texte de Estelle Vendrame

Je suis un stylo.
D’accord, je sais, c’est un début d’histoire assez terne. Cela n’est pas drôle d’être un stylo, me diriez-vous d’un ton compatissant. Mais avez-vous déjà imaginé la vie d’un stylo ? La mienne en tout cas est passionnante. Il faut vous dire que j’ai eu la chance de vivre une histoire d’amour parfaite avec ma maîtresse. Eh oui, j’ai appartenu corps et âme à une superbe femme.
Tout a commencé un jour où elle avait une lettre d’amour à écrire. Elle a pris une feuille, puis son regard s’est (...)

Deuxième prix : Yvonne Duparc pour "Drame de la jalousie"

texte de Yvonne Duparc

À partir du jour où je rencontrai Alice, ma vie fut remplie de tendresse et d’amour. J’allais être adopté par une famille. J’allais faire partie intégrante de la vie d’une femme qui aimait les livres et les chats, et maintenant elle m’aimait. Alice écrivait, elle passait son temps dans la quiétude de cette pièce réservée au monde de l’écriture, un jardin dont elle avait gardé le secret, son bureau. Jusqu’à présent, elle avait partagé ce lieu protégé uniquement avec son compagnon à pattes de velours, (...)

Troisième prix : Valérie Prot pour "La crise de la vocation"

texte de Valérie Prot

Ce matin, je n’avais pas envie d’accompagner Maman, mais ce n’est pas le moment de la contrarier. En décembre avec Noël qui approche, il vaut mieux la jouer stratégique comme dit le nouveau de la classe qui est drôlement fort aux échecs, le lundi après la cantine. J’étais assis à côté de Maman et j’essayais de me tenir correctement. Il faut dire qu’à la messe, c’est toujours le même qui fait des discours, alors, en attendant la fin, j’ai regardé autour de moi. La dame qui sent le produit que Papa met pour (...)

Premier prix 2015. Hélène Sanchez-Bassié avec Le Calligraphe

texte de Hélène Sanchez-Bassié

Je me nomme Peng Fei, j’ai passé quelques longues années à apprendre auprès d’un homme qui ne cherchait pas à être remarqué. Son mode de vie était sobre, ses vêtements modestes, sa nourriture frugale, sa parole juste et mesurée. Il était cependant apprécié et recherché par les notables de la ville qui avaient besoin de ses services car Maître Wen Hui – mais il ne tenait pas à être appelé maître – était un lettré.
Dans son pavillon, où entraient avec abondance toutes les nuances de la lumière du jour et des (...)

Deuxiéme prix 2015 Guy Vieilfaut avec "Chronique d’un été"

texte de Guy Vieilfaut

Ma très chère,
Il faut qu’incessamment je vous conte cela. C’est l’extravagance la plus folle, la plus dénuée de sens qui survint jamais dans cette bourgade dont vous me gardez grief de l’affectionner sous prétexte qu’elle m’écarterait de votre tendresse. Oyez donc cette histoire - et veuillez croire que je n’invente rien ! – qui, par cette douce soirée de juillet, met encore le branle dans notre petite communauté. Vous connaissez Antoine ? Mais si, souvenez-vous, l’Antoine à Sidonie Bergeat. Un (...)

Trosième prix 2015 Moi, jadis un héros de Stéphanie Grousset-Charrière

texte de Stéphanie Grousset-Charrière

Il était une fois… Cela commençait toujours comme ça. Il était une fois, il y a très longtemps, dans une contrée fort lointaine… La voix de maman s’étirait près de moi, je pouvais sentir son souffle tiède sur mon visage. J’aimais qu’elle soit si proche, après m’avoir bordé, caressé les cheveux, embrassé le front. Elle sentait bon. Son parfum avait la douceur d’une soirée d’automne. Quand il m’enveloppait, je me sentais bien, comme blotti au coin du feu, à picorer des châtaignes grillées ou des zestes d’oranges (...)

Premier prix 2016 pour Le dit d’Emma de Catherine Pin

texte de Catherine Pin

Nous étions sept enfants et nous dormions tous dans la même chambre. Sept garçons stupides et misérables. Sept qui ne voyaient jamais venir l’instant fatidique et inéluctable, où leurs géniteurs indignes et affamés prévoyaient de les abandonner dans la forêt hostile. Parents qui, chaque année de misère, mettaient au monde une nouvelle bouche à nourrir. Sept garçons qui ne voyaient pas plus loin que le bout morveux de leur nez. Pas un pour remarquer le regard fuyant, l’épaule basse, la démarche traînante (...)

Deuxiéme prix du Concours 2016

texte de Bernard Marsigny

Joyeuses condoléances
C’est Martine qui m’avait mis l’annonce sous le nez pendant que je regardais le foot à la télé.
Tiens, c’est pour toi, elle a dit, si tu pouvais t’arracher un peu. Je te signale qu’on va avoir besoin d’argent avant longtemps. C’est sûr qu’avec le mouflet qui se prépare, il va falloir gérer finement les fins de mois. L’annonce disait : « travail facile, bien rémunéré, formation assurée, embauche immédiate ». Tel que c’était écrit, c’était vraiment un truc pour moi. Si ça paye, (...)

Troisième prix du concours 2016

texte de Stéphane Violin

Chaque adulte garde en mémoire les lieux qui ont marqué son enfance. Il lui suffit de fermer les yeux pour les visualiser et faire aussitôt resurgir les émotions qui y sont rattachées. Lorsque je me plonge avec nostalgie dans les entrailles de mon enfance, un lieu imposant occupe tout l’espace : le château de mon père. Mon père se lança dans une aventure de châtelain peu après mes 6 ans. Un soir de début d’automne, il quitta brusquement notre appartement, une lourde valise noire à la main. Ses yeux (...)

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