Le Traversier, Revue Littéraire
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Accueil > Sélection de textes parus > Textes à thème > La vingt-cinquième heure > Le cheval solaire et le loup mangeur de lune

Le cheval solaire et le loup mangeur de lune

Texte proposé par Arlette Millard

En avril 1999, une petite pièce en argent est trouvée dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye et apportée au Château pour y être examinée.
Au droit, y est représenté le profil d’un personnage dont la chevelure abondante est séparée en deux bandeaux et dont le cou est orné d’une torque. Devant sa bouche, se trouve un soleil à quinze rayons.
A revers, on voit un cheval qui galope vers la droite derrière une roue à huit rayons. Sous le cheval, un loup aux oreilles couchées court dans la même direction et saisit dans sa gueule ouverte un croissant de lune.

Du temps des anciens Celtes, cette petite pièce d’argent avait été donnée à un jeune celte par son grand-père, le barde Frodi.
L’enfant celte : Grand-père, sais-tu qui est représenté sur la face de cette pièce ?
Le barde : Mon enfant, j’y vois le profil de Lugus, notre Dieu, celui qui fait se lever et se coucher le soleil. Comme le soleil, il est blond et rayonnant.
L’enfant celte : C’est pourquoi je vois un soleil devant sa figure.
Le barde : Le soleil est souvent représenté par une roue car il parcourt le ciel du matin jusqu’au soir sur un char étincelant et Lugus en est à la fois le conducteur et le cheval.
L’enfant celte : Et que fait le soleil pendant la nuit ?
Le barde : Le chemin du soleil est rapide et ne s’arrête pas : le matin, il se lève par la Porte de l’Eau, il parcourt la terre et y répand la lumière et la vie mais il se hâte, il a peur d’être attrapé et le soir, il franchit la frontière du ciel, il descend aux enfers dans l’obscurité du monde souterrain.
L’enfant celte : Pourquoi voit-on sur le revers de la pièce un cheval courant après le soleil ?

Le barde : Ce cheval représente le Dieu Lugus. Il est le cheval solaire, le fils de la Déesse Epona dont la mère fut une jument.
L’enfant celte : Une jument ?
Le barde : C’est ce que disent les anciens. Autrefois, les astres, les hommes et les bêtes pouvaient passer d’un ordre à un autre.
L’enfant celte : Et quel est cet animal galopant sous le cheval solaire ?
Le barde : Il est le Loup Hati le haineux, le loup qui veut attraper la lune. Tu vois, il la tient presque dans sa gueule. Quelquefois, il la gobe entièrement mais jusqu’à maintenant, il l’a toujours recrachée. Tu n’as pas encore vu cette chose terrible, la disparition de la lune dans la gueule du Loup de la nuit. C’est alors une nuit de terreur, les hommes hurlent et font un bruit terrible pour que le loup lâche prise et pour « protéger la lune du loup ».
L’enfant celte : La lune est-elle sauvée à chaque fois ?
Le barde : Jusqu’à maintenant oui ; mais un jour viendra où les puissances divines, les géants et les dieux périront et c’est pourquoi la lune et le soleil ont peur : ils se hâtent parce qu’ils craignent de mourir car le soleil aussi sera dévoré par le loup Skoll, le frère de Hati.
L’enfant celte : Qu’arrivera-t-il alors ?
Le barde : L’hiver aura des feuilles - L’été sera sombre – L’automne sera sans moisson – Le printemps sera sans fleurs – Les étoiles disparaîtront et la mer envahira chaque terre – Dans l’univers ne régneront que le feu et l’eau. 
Ce sera la vingt-cinquième heure.

« Protéger la lune du loup » est un dicton encore en usage en Bretagne.

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