Le Traversier, Revue Littéraire
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Mon intervalle

Texte proposé par Maryse Perrot

L’année dernière à Setubal
Où je vins dorloter mon spleen
Je rencontrai un amiral
Qui arborait toutes ses sardines
Malgré sa démarche bancale
Résultat de guerres intestines
Il me tourna un madrigal
Suivi d’une œillade assassine
Séduite par son charme oriental
J’oubliai mon humeur chagrine
Et ma nostalgie monacale
Je lui fis des mimiques coquines
Qui étaient rien moins qu’amicales
Je fus telle une gourgandine
Faisant fi de toute morale
Il m’emmena dans sa berline
Vers le portugais littoral
Il joua de la mandoline
De la guitare et des cymbales
Tout cela bien sûr en sourdine
Ce fut pour moi un vrai régal
Enfin ô surprise divine
Il m’offrit une très pâle opale
Bientôt suivie d’une zibeline
Et d’un tigre empaillé du Bengale
Nos nuits qui n’étaient pas de Chine
Mais sous les cieux du Portugal
N’en furent pas moins très très câlines
Il m’appelait sa belle vestale
Sa bonne fée, sa Mélusine
Je le nommais mon intervalle
Car cette union fut clandestine
Tandis qu’il l’eût voulue nuptiale
Lors avant que s’installe la routine
Je repris le chemin de Bâle.

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